Thomas roux limoges
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Thomas Roux : A Limoges, c’est quoi être directeur d’établissement de santé ?

Personnel soignant épuisé par la crise du Covid-19 qui n’en finit pas, augmentation en très forte hausse des demandes en psychiatrie à cause des conséquences des confinements ;

Nous avons voulu en savoir plus sur la santé dans sa définition la plus globale. Pour cela, nous avons interrogé Thomas Roux à Limoges qui est directeur de la Polyclinique.

Thomas Roux nous fait découvrir le métier de Directeur D’établissement de Santé

CT : Bonjour Thomas Roux, merci de nous répondre aujourd’hui.

TR : Merci à vous.

CT : avant de vous poser des questions, pouvez-vous nous faire une courte autobiographie ?

TR : J’ai toujours voulu être directeur d’hôpital. Pour cela, il faut suivre un cursus de formation assez long. Après avoir fait des études de droit, j’ai intégré l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique. Une fois cela fait, j’ai travaillé dans diverses régions de France, toujours dans des postes à responsabilités, avant d’arriver à Limoges. J’ai alors été nommé Directeur du Centre Hospitalier d’Esquirol qui s’occupe de la maladie mentale.

CT : pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

TR : c’est un grand établissement dans lequel travaille 2 000 professionnels et qui possède 900 lits et places. J’y suis arrivé en 2018 et l’ai quitté au mois d’août 2020 ; soit en plein cœur de la pandémie.

CT : Nous sommes étonnés de constater que l’on a vraiment axé la communication dans les médias sur la santé physique, mais pas forcément sur l’impact qu’a pu avoir l’épidémie sur la santé psychique.

TR : c’est vrai, mais nous avons dû faire face à une situation complétement inédite. Il s’agissait d’abord de traiter, comme on le pouvait, avec les moyens à disposition les personnes qui arrivaient avec plusieurs symptômes physiques. Le personnel de santé, c’est une évidence a été mis à rude épreuve et ce n’est pas terminé. Quant aux répercussions sur l’état d’esprit des personnes, si elles ont été réelles et continuent encore aujourd’hui, on communique moins dessus, c’est vrai. C’est un des drames de la psychiatrie.

CT : que voulez-vous dire ?

TR : la psychiatrie, personne ne peut nier son existence et sa nécessité. Pour autant, elle est victime d’idées reçues. Pour beaucoup de personnes, la maladie mentale est une source de honte et d’angoisse. En tant que directeur d’établissement de ce type, je me suis dit : « qu’est-ce que moi, Thomas Roux, à Limoges, je peux faire pour changer cette façon de percevoir les malades. J’ai pensé que le meilleur moyen était de communiquer plus à ce sujet. J’ai eu la chance d’être pas mal interviewé, mais aussi que mon nom apparaisse dans des journaux locaux ou régionaux. Cela redorait le blason de la profession qui est souvent mal connue.

CT : 77% des français estiment qu’ils ne connaissent pas ou très peu cette spécialisation.

TR : cela ne m’étonne pas. Il faudrait faire plus de prévention, pouvoir parler plus librement de la maladie mentale pour sortir des clichés et aider les malades et leurs proches.

CT : une autre étude démontre qu’à 86%, les français pensent qu’ils auraient besoin de plus d’information à ce sujet

TR (rire) : vous voyez, je ne me suis pas trompé !

CT : pourquoi pensez-vous qu’on ne communique pas plus sur la santé mentale, alors que cela évolue plus au niveau de la santé physique ?

TR : sans doute que les professionnels ne seraient pas tout à fait d’accord avec vous. Malgré le risque de cancer du sein ou du col de l’utérus, combien de femmes encore ne vont pas aux tests de dépistage ? La mammographie, par exemple est un acte préventif qu’une femme peut faire à partir de 50 ans, sans problème antérieur. A cet effet, elle reçoit une invitation à se faire dépister. Si certaines le font, d’autres, par peur, souvent, n’y répondent pas. Pareil pour d’autres types de cancers. Tout comme la maladie mentale, un cancer peut toucher n’importe qui.

CT : n’êtes-vous pas alarmiste ?

TR : non. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prédit que d’ici quelques années, une personne sur 5 présentera un trouble d’origine mental. C’est énorme. Pourtant, rien n’est dit à ce sujet.

CT : est-ce que cela touche un public particulier ?

TR : Non. Enfants, adultes…on sait qu’en général les troubles apparaissent avant l’adolescence ou avant les 25 ans. Faute de dépistage, il peut se passer un certain temps avant qu’une personne se fasse aider. Que ce soit Thomas Roux à Limoges, Monsieur Tout le Monde à Paris ou dans un petit village de province, tout le monde à priori peut avoir une maladie mentale. Cela peut faire peur, mais c’est quoi, les troubles dont on parle ? Pas nécessairement de très gros troubles psychiatriques. Une dépression. Des crises de panique à répétition. Des enfants qui ne suivent pas à l’école, qui sont considérés comme des petits caïds et mis de côté alors qu’ils ont un TDAH (Trouble de l’Attention avec ou sans Hyperactivité). Quelquefois, pour les parents qui sont démunis, voir poser un diagnostic peut faire du bien, même si cela ne résout pas le problème en soi. Il faut quelquefois un traitement médicamenteux, ce que l’on arrive à déterminer lors d’une thérapie. Là encore ce mot peut faire peur. Mais la thérapie, c’est parler, dessiner, faire de la sculpture…Il y a beaucoup de façons de la décliner.

CT : après Esquirol, vous êtes maintenant Directeur de la Polyclinique. Thomas Roux, Limoges peut-elle se passer de vous ?

TR (rire) : personne n’est irremplaçable. Je voulais une nouvelle expérience. Une clinique n’est pas la même chose qu’un hôpital. Il faut savoir être polyvalent et ne pas se cantonner à ce que l’on connait déjà. C’est d’ailleurs pour cela que je continue ma formation initiale et que le suis le Cycle des Hautes Etudes du Service Public. Elle s’achèvera l’année prochaine.

CT : merci d’avoir accordé un peu de votre temps, Thomas Roux. Avez-vous un dernier message à faire passer ?

TR : je recommande à tous ceux que ça intéresse de lire la définition de la santé qu’a pu donner l’OMS. On comprend que la santé doit être comprise dans son sens le plus large pour qu’un individu aille bien. On doit penser à une façon holistique de soigner.

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Written by Lagustais

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