Dans la Manche, une initiative locale née en avril 2026 vise à réduire fortement la facture d’électricité en partageant des kWh solaires entre voisins. Le principe repose sur une boucle d’échange d’énergie de proximité, rendue possible par les compteurs Linky et par le cadre de l’autoconsommation collective. Selon les informations rapportées par Capital, les bénéficiaires de ce surplus ne paient essentiellement que l’acheminement, ce qui peut ramener le coût du kilowattheure d’environ 25 centimes à 5 centimes dans les meilleurs cas observés.
Sommaires
Éric Legigan et Harold Colette lancent l’Amep en avril 2026
Le projet est porté par deux habitants de la Manche, Éric Legigan et Harold Colette, qui ont fondé une association au printemps. Baptisée Amep, pour Association de mutualisation d’une énergie de proximité, la structure reprend l’idée d’une organisation communautaire connue dans l’alimentation, mais appliquée à l’énergie. Le parallèle revendiqué est celui des AMAP, sauf qu’ici, l’échange se fait autour de kilowattheures et non de paniers de légumes.
Concrètement, l’Amep organise une forme de solidarité énergétique de voisinage: les ménages équipés de panneaux solaires injectent un surplus à certains moments de la journée, surplus qui peut être consommé localement par d’autres foyers rattachés au même dispositif. L’intérêt est double pour les participants, réduire leur facture, et donner une valeur d’usage immédiate à une production solaire qui serait, autrement, vendue à un tarif d’achat ou réinjectée sans bénéfice direct pour le voisinage.
Le cas mis en avant évoque un groupe d’une douzaine de personnes, dans une commune du département, réunies autour d’une logique de partage. L’échelle limitée n’est pas un défaut, elle correspond aux contraintes techniques et administratives de l’autoconsommation collective, qui impose une organisation en boucle locale et une répartition contractualisée de l’énergie. En résultat, l’opération se présente moins comme une promesse technologique que comme une méthode, avec des règles de fonctionnement et un suivi régulier.
Pour les initiateurs, l’objectif dépasse la seule baisse de prix. L’Amep met aussi en avant la réduction des émissions liées à la consommation d’électricité, dans la mesure où chaque kilowattheure consommé localement évite une partie des pertes et limite le recours à des productions plus carbonées lors de pics. L’approche s’inscrit dans une dynamique de terrain, proche des préoccupations de pouvoir d’achat, mais aussi d’organisation collective à l’échelle d’un quartier ou d’un village.

Le compteur Linky permet de facturer surtout l’acheminement, autour de 5 c/kWh
Le fonctionnement repose sur une condition matérielle clé, chaque participant doit disposer d’un compteur Linky. Ce point est central, car c’est le compteur communicant qui mesure finement les flux, production, injection, consommation, et permet d’attribuer les kilowattheures à l’intérieur de la boucle. Sans cette mesure, il est difficile d’organiser une répartition fiable et opposable, et donc d’établir une facturation cohérente entre les membres.
Le gain financier mis en avant vient d’une particularité du montage, les bénéficiaires du surplus solaire ne paient pas un prix de marché complet, mais principalement la taxe de transport et certains coûts associés. Capital rapporte que ce mécanisme peut faire passer un prix indicatif du kilowattheure d’environ 25 centimes à 5 centimes, soit une division par cinq. Cette estimation dépend des paramètres locaux, volume de surplus disponible, profil de consommation, règles de répartition, et niveau d’équipement solaire des producteurs.
Cette économie suppose une adaptation concrète des usages. Les participants apprennent à consommer quand la production est forte, en milieu de journée, plutôt que de concentrer leurs usages le soir. Le changement est très pratique, lancer un lave-linge, programmer un chauffe-eau, ou décaler certains appareils pendant les heures d’ensoleillement. Ce pilotage n’exige pas forcément une domotique avancée, mais il demande de nouvelles habitudes, car la logique du tarif heures creuses n’est pas toujours alignée sur le soleil.
Le dispositif n’efface pas toutes les limites. L’accès à un surplus dépend de la météo et de la saison, et la stabilité économique suppose une certaine continuité du groupe. De plus, la partie administrative, contrats, suivi, conformité, nécessite du temps et des compétences, souvent portées par quelques bénévoles. Malgré ces contraintes, l’exemple montre qu’une organisation locale peut transformer une production intermittente en avantage concret pour plusieurs foyers, à condition d’un cadre clair et d’une discipline d’usage.

Questions fréquentes
- Peut-on partager légalement son surplus solaire avec ses voisins en 2026 ?
- Oui, via le cadre de l’autoconsommation collective, qui permet d’organiser une répartition d’électricité produite localement entre plusieurs participants, sous conditions techniques et administratives. Le montage dépend d’une organisation formelle, de règles de répartition et d’un suivi des flux mesurés.
- Pourquoi le compteur Linky est-il présenté comme indispensable ?
- Parce qu’il mesure et transmet les données de production et de consommation de manière fine, ce qui permet d’attribuer les kilowattheures au bon participant dans la boucle et d’établir une facturation conforme au dispositif.
- Comment le kWh peut-il tomber autour de 5 centimes ?
- Dans l’exemple présenté, les bénéficiaires du surplus solaire ne paient principalement que des coûts liés à l’acheminement, ce qui peut ramener un prix indicatif d’environ 25 centimes à environ 5 centimes selon l’organisation, la disponibilité du surplus et les profils de consommation.
- Quelles habitudes faut-il changer pour en profiter réellement ?
- Il faut décaler une partie des usages électriques vers les heures d’ensoleillement, par exemple programmer le chauffe-eau, lancer les lessives ou certains appareils en journée, afin de consommer au moment où la production solaire est maximale.
À retenir
- Dans la Manche, l’Amep a été créée en avril 2026 pour mutualiser des kWh solaires locaux
- Le dispositif s’appuie sur des compteurs Linky pour mesurer et répartir l’électricité partagée
- Les bénéficiaires paient surtout l’acheminement, avec un kWh évoqué autour de 5 centimes
- Les économies dépendent d’une consommation décalée vers la journée, quand le soleil produit
Sources
- Ce dispositif permet de diviser par cinq le prix de son électricité en partageant le surplus solaire des voisins
- Mauvaise nouvelle si vous avez des panneaux solaires, l'Etat va acheter …
- Ce dispositif permet de diviser par cinq le prix de son électricité en …
- Peut-on partager l'électricité produite avec ses voisins grâce à l' …
- Partager l'électricité solaire entre voisins cartonne en France, mais un …






