Prosolia Energy renforce sa centrale solaire portugaise d’Albispark en y adossant un système de stockage par batteries totalisant 60 MWh, selon L’Echo du Solaire. L’opération illustre la montée en puissance des solutions hybrides, où le photovoltaïque n’est plus seulement une production intermittente, mais un outil plus pilotable pour le réseau et les marchés de l’électricité.
Sommaires
Prosolia Energy équipe Albispark de 60 MWh de batteries
L’ajout d’un stockage de 60 MWh à une centrale photovoltaïque traduit une logique industrielle simple, limiter l’écart entre les heures de production solaire et les heures de consommation. Dans les faits, les pics de production en milieu de journée se heurtent souvent à une demande plus forte en fin d’après-midi et en soirée. Le stockage permet de décaler une partie de l’énergie, en la rechargeant quand le soleil est abondant, puis en la restituant quand le prix et l’utilité système sont plus élevés.
Dans un parc comme Albispark, cette brique supplémentaire modifie le profil de livraison au réseau. Sans batteries, l’injection suit la courbe d’ensoleillement, avec une montée rapide le matin, un plateau, puis une chute en fin de journée. Avec batteries, l’exploitant peut lisser la courbe, réduire les variations brutales et maintenir un niveau d’injection plus stable sur une fenêtre élargie. Pour un gestionnaire de réseau, ce comportement limite les ajustements en temps réel et réduit la sollicitation d’unités d’équilibrage plus coûteuses.
Le stockage sert aussi de tampon lors des épisodes de limitation de production. Les opérateurs de réseau peuvent demander à des centrales de réduire l’injection pour des raisons de congestion ou de sécurité. Avec des batteries, l’énergie non injectée n’est pas systématiquement perdue, elle peut être stockée, dans la limite de la puissance de charge disponible et de la capacité du système. Cette flexibilité influe sur le rendement économique de l’actif photovoltaïque, car elle réduit l’exposition aux heures où l’électricité se valorise mal.
Sur le plan technique, un système de cette taille implique une intégration fine, protections, conversion, supervision, cybersécurité, et règles de fonctionnement pour ménager la durée de vie des cellules. Les cycles de charge et de décharge, la profondeur de décharge et la température pèsent sur la dégradation. Les développeurs arbitrent donc entre recettes à court terme et préservation de l’actif, en paramétrant des stratégies d’exploitation adaptées, par exemple limiter certains usages très cyclants si la rémunération ne compense pas l’usure.

Au Portugal, le stockage vise l’équilibrage réseau et la valorisation des prix
Le marché portugais, interconnecté avec l’Espagne, est confronté à une réalité partagée par de nombreux systèmes électriques européens, une montée rapide des renouvelables variables et des périodes de prix faibles, parfois très bas, lorsque la production solaire est abondante. Dans ce contexte, disposer de batteries améliore la capacité à éviter l’injection lors des heures les moins rémunératrices et à privilégier des périodes où la demande augmente. L’objectif n’est pas de rendre le solaire constant, mais de mieux positionner l’énergie sur la journée.
Le stockage apporte aussi des services système. Les batteries peuvent réagir en fractions de seconde, ce qui les rend pertinentes pour des usages de régulation, par exemple contribuer à la stabilité de fréquence ou à la gestion de tension, selon les cadres techniques et contractuels applicables. Pour le réseau, cette rapidité d’action constitue un atout, car elle répond à des besoins immédiats, là où des moyens thermiques ou hydrauliques peuvent avoir des contraintes de démarrage ou des temps de réponse plus longs.
La question économique repose sur plusieurs briques, la vente d’énergie sur le marché, les recettes liées à l’arbitrage intra-journalier, et, quand cela existe, la rémunération de services auxiliaires. Les conditions exactes varient selon la réglementation, les produits de marché disponibles et les règles d’accès. Pour un producteur, l’intérêt d’un stockage de 60 MWh dépend donc de la volatilité des prix, de la fréquence des congestions et de la capacité à contracter des revenus additionnels. Quand la courbe des prix s’aplatit, l’arbitrage devient moins rémunérateur, mais la valeur réseau et la réduction des pertes liées aux limitations peuvent rester déterminantes.
Cette hybridation influence aussi le financement. Les investisseurs et prêteurs regardent la stabilité des revenus et la prévisibilité des flux de trésorerie. Le solaire bénéficie souvent de schémas de contractualisation, tandis que le stockage peut être plus exposé au marché. Les montages évoluent, avec des contrats plus sophistiqués, des garanties de performance, et une attention accrue aux risques opérationnels, disponibilité des batteries, coûts de remplacement, sécurité incendie, assurances. Dans la péninsule Ibérique, où les capacités renouvelables continuent de croître, ces paramètres deviennent centraux pour trancher entre des projets solaire seul et des projets hybrides.
En toile de fond, la multiplication des centrales équipées de batteries modifie progressivement le comportement agrégé du parc renouvelable. Moins de pics concentrés, plus de capacité de réponse rapide, et une production partiellement décalable. Pour les consommateurs, l’enjeu est une meilleure adéquation entre offre et demande, même si l’évolution des prix reste liée à des facteurs plus larges, interconnexions, météo, disponibilité des autres moyens de production, et dynamique de consommation.

Questions fréquentes
- À quoi correspond une capacité de 60 MWh pour une batterie de centrale solaire ?
- 60 MWh correspondent à une quantité d’énergie stockable, c’est la réserve disponible pour être restituée au réseau. La durée de restitution dépend de la puissance de décharge, par exemple une batterie peut délivrer cette énergie sur quelques heures si la puissance est élevée, ou sur une durée plus longue si elle est limitée.
- Pourquoi ajouter des batteries à une centrale photovoltaïque comme Albispark ?
- Le stockage sert à décaler une partie de la production solaire vers des heures plus utiles, à lisser l’injection, et à réduire l’exposition aux limitations de production liées aux contraintes réseau. Il peut aussi contribuer à des services système selon les règles en vigueur.
- Les batteries rendent-elles l’électricité solaire disponible la nuit ?
- Elles peuvent fournir de l’électricité après le coucher du soleil, dans la limite de l’énergie stockée et de la stratégie d’exploitation. Elles ne remplacent pas une production continue, mais améliorent la pilotabilité sur une fenêtre de quelques heures.
- Quels sont les principaux risques associés aux systèmes de batteries ?
- Les enjeux portent sur la sécurité (notamment incendie), la disponibilité, la dégradation liée aux cycles, et les coûts de remplacement en fin de vie. Les exploitants s’appuient sur des systèmes de supervision, des protocoles de sécurité et des contrats de performance pour encadrer ces risques.
À retenir
- Prosolia Energy adosse 60 MWh de batteries à la centrale solaire d’Albispark au Portugal
- Le stockage permet de décaler l’énergie et de lisser l’injection au réseau
- L’hybridation solaire plus batteries vise aussi des services d’équilibrage système
- La rentabilité dépend de la volatilité des prix et des contraintes réseau






