En tournée dans toute la France, Svensson sera vendredi 27 avril en concert au Point Zéro à Montpellier. A cette occasion, Carnet de Bord a rencontré cet artiste tout en paradoxe, sombre et romantique à la fois, comme on peut l’entendre dans son dernier album « Perdition ».
Aline : Svensson, qui êtes vous ?
Svensson : Je m’appelle Steve, je suis basé à Toulouse et je fais une musique que l’on entend pas beaucoup. C’est de la pop pas joyeuse qui puise ses racines dans la chanson française pop moderne. J’aime beaucoup écouter les gens comme Dominique A ou Benjamin BIOLAY mais aussi et encore plus dans le pop rock anglo-saxon comme Cure ou plus récemment Placebo
Aline : Vos influences sombres viennent de ce que vous écoutez ou de vous-même ?
Svensson : Des deux puisque la musique des Cure par exemple a vraiment coulé en moi pendant mon enfance et ce coté sombre est resté en moi. Quand mes doigts se posent sur la guitare le son part spontanément dans cette direction là. Ensuite c’est aussi mon tempérament, mon vécu, c’est un tout.
A : En 2005 sort l’album « Aux jours meilleurs », récemment est sorti « Perdition », quel travail a été fait entre les deux ?
Svensson : Un travail de rassemblement. « Aux jours meilleurs » est un album éclaté entre différents styles et c’est bien je ne le renie pas mais il y a certains morceaux qui très vite ne m’ont plus correspondu et surtout était très difficile à assumer sur scène pour moi car pas loin du festif, beaucoup plus ensoleillé et ça ne correspond pas à la manière dont je me sentais et comment j’étais accompagné. Les nouvelles compositions ont été faites pas forcément consciemment mais beaucoup plus spontanément pour rassembler un univers plus sombre, plus cohérent avec moi-même.
A : Auteur, compositeur et interprète, comment vient l’inspiration texte/musique ?
Svensson : Ça vient ensemble, pas la chanson d’un bloc mais en fragment. Musique et texte viennent ensemble avec les bases de guitare et après ça déroule autour de ça. Des fois l’idée d’origine est oubliée car la première idée qui avait donné naissance ne correspond plus mais la création se fait comme ça. La naissance de la chanson est vraiment spontanée, il ne m’arrive jamais de me dire je vais faire une chanson comme ceci ou comme cela. Elle découle spontanément de moi.
A : Dans « Perdition » la sonorité des cordes intensifient le côté sombre de l’album, comment et pourquoi avoir pensé à intégrer ces instruments ?
Svensson : Il y a 4 ans quand j’ai commencé à faire de la scène j’ai eu la chance de rencontrer une violiste et une altiste et je me suis rendu compte que j’adorais ça. Je me sentais très bien sur scène ou en répétition avec les cordes à coté de moi alors j’ai voulu les intégrer aux enregistrements. Sur l’album « Aux jours meilleurs » il y en avait un peu et après pendant toute la tournée les cordes m’ont accompagnées et là j’ai décidé de faire l’album « Perdition » avec elles et de les intégrer à 100% pour les mettre en valeur.
Sortie nationale 24 avril 2007
A : Dans « Perdition » on retrouve beaucoup de terme scientifique, pourquoi ?
Svensson : Là aussi il y a beaucoup de spontanéité car se sont des choses qui m’ont tellement marqué et tellement occupé pendant longtemps à l’école, à l’université que c’est en moi. Donc parfois, pour trouver la bonne image pour décrire un sentiment ou une histoire il y a autant de mots scientifiques que de mots d’autre nature qui me viennent. Ils sont en moi, ils font partie de mon expression à travers mes chansons.
A : Un magazine a écrit sur vous « Conteur romantique, Svensson est parfois difficile à saisir. D’ailleurs se comprend-t-il lui-même ? » Alors Je vous pose la question.
Svensson : Presque tout le temps ! Des fois je l’avoue une image arrive et si je réfléchie trop derrière je me rends compte qu’elle a un sens pas forcement compréhensible pour moi. Mais si je la trouve quand même musicale et cohérente avec le reste de l’univers je la garde. Dans ces cas là je ne me comprends pas tout à fait. Il m’est arrivé une fois d’écrire une chanson en ayant trop bu et après je ne peux pas dire que me comprenais mais je l’ai quand même gardé. La plupart du temps on ne me comprend pas toujours mais moi je me comprends ! C’est déjà ça.
A : Avec votre univers particulier, vous sentez vous à part dans la scène française ?
Svensson : Je dirais que oui pas pour le fait d’être à part mais à chaque fois qu’on me demande ce que je fais on n’arrive pas à le dire. C’est pas pour frimer on y arrive pas c’est tout. Et on n’arrive pas non plus à se rattacher à une famille particulière et à une scène particulière. Alors on arrive à partager une scène comme ça va être le cas au point zéro avec des groupes dont les univers ne sont pas éloignés et où il y a des intersections mais on ne peut pas dire être proche de la scène rock parisienne qu’il y a en ce moment ou la scène ska ou festive… On n’appartient à rien de précis. Donc oui on est à part. C’est des fois difficile car les gens ont du mal à nous faire entrer dans certaines catégories dans les journaux et festivals. Ca nous ferme des portes d’être à part mais ce n’est pas une raison pour changer notre manière de faire. L’important c’est d’être spontanée et de faire la musique que l’on veut faire. On y perdrait en qualité si on changeait des choses pour rentrer dans une case.
A : Comment a été trouvé le titre de l’album « Perdition » ?
Svensson : Le titre est venu de l’ambiance d’ensemble qui c’est dégagé au fur et à mesure que l’on composait l’album. On sentait que ça partait un peu à la dérive, en perdition. Il y a des significations multiples que l’on peut donner à ce mot là et qui correspondent au sentiment que je voulais faire passer dans l’album. Ca peut être un néologisme pour dire que l’on a perdu quelque chose ou quelqu’un, qu’on est un navire en perdition ou aussi les milieux de perditions, les femmes perdues… ça tourne autour de ces idées là.
A : Avec qui aimeriez vous travailler ?
Svensson : J’ai dû mal à le dire car en ce moment je suis un peu vidé suite à cet album, ce qui ne m’était jamais arrivé avant. Je ne sais pas trop où je peux aller après. Alors justement peut être que travailler avec d’autres groupes ça me ferai un peu sortir de moi même. J’ai personne en tête en particulier, se sont les rencontres qui le déciderons. En ce moment j’essais d’écrire des musiques pour quelqu’un qui écrit des textes et ça m’aère la tête, j’en ai besoin !
A : Accordez vous une importance à ce que le public ou votre entourage proche attendent de vous ?
Svensson : Dans un premier temps, il fallait que quand j’écoute « Perdition » il corresponde vraiment à ce que je voulais faire. J’ai eu des frustrations sur l’album précédent où j’ai écouté des gens qui me disait cette chanson est plus entrainante, c’est un tube etc… Et à l’arrivée ce n’était pas tout à fait cohérent. Je voulais une cohérence totale, que l’univers soit compact sur l’album, qu’il correspond vraiment à mon ressenti, que quand je l’écoute musicalement, la voix et les instruments aient la sonorité que je voulais. Donc j’ai pas cherché à savoir si le public ou mon entourage proche allaient mieux le recevoir pour la démarche mais je suis tout de même très attentif à comment le public va l’accueillir car moi j’ai fais mon boulot, je vais le présenter au public et j’aimerai qu’il l’aime bien sur.
A : D’ailleurs quel est votre public ?
Svensson : Je ne sais pas car sur des festivals on a eu des ados, sur d’autre des quadra dépressifs… je ne peux pas désigner un public type car on peut être en perdition à tout âge.
A : Comment appréhendez vous le concert de vendredi ?
Svensson : J’aimerai que ça se passe bien car on a eu de mauvaise expérience à Montpellier. Une fois on a été escroqué et une autre fois on n’a pas eu de public. Je sais pas pourquoi. Là on joue avec des groupes montpelliérains qui nous ont proposés de les rejoindre sur scène. On a l’impression que l’on va être bien accueilli et c’est important pour nous.
A : Quels sont les projets ensuite ?
Svensson : Je suis en tourné jusqu’en 2008. Pour l’instant je n’envisage pas de 3ème album. S’il le faut « Perdition » sera mon dernier album en tout cas je ferai ce que les circonstances me dicteront. Moi je pense, pour pas vous raconter de salade, que je vais faire un 3eme album assez vite. A la fin de « Aux jours meilleurs » j’étais déjà dans l’esprit de « Perdition » et là à la fin de Perdition je suis toujours dans l’état d’esprit de Perdition.
A : Donc au concert de vendredi vous êtes à 100% « Perdition » ?
Svensson : C’est exactement ça vendredi nous serons à 100% !
Aline PIOFFET
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Vendredi 27 avril 2007 au Point Zéro à Montpellier
Entrée libre /// 20h30
SvenSson + Rimbaud + Gatsby